verre cassé embrassé et portrait de femme artiste

Photographie de l’artiste par Sébastien Cottereau.

Artiste plasticienne et performeuse, née à Paris en 1984.

Mon travail artistique, performatif et plastique naît à partir de souvenirs, d’expériences scientifiques, d’expériences inexpliqués, ou de faits d’actualités.

Je créé des mondes fictifs et parallèles, des actes magiques, des langages de ciels, des couronnes galactiques, des nouvelles prières, j’embrasse des cassures, crée des mouchoirs à chagrin. Je détourne, transpose, joue des codes de représentation. J’upcycle la pensé et la matière. Je crée de la tension entre l’image et l’oeuvre, l’art et la mode. Je suis une chercheuse inconditionnelle. Le médium s’impose en fonction de ce qui m’interpelle dans le réel.

Dans ma démarche, le lien est l’empreinte, d’une part invisible celle de l’émotion que je considère comme métaphysique et sacré, d’autre part visible présente dans chacune de nos actions. Mon travail soulève des questions intrinsèques à notre condition humaine et perturbe nos croyances.

Le baiser est présent dans presque toute mon œuvre depuis dix ans. Chaque pièce que je crée est indépendante mais fonctionne aussi en écho avec d’autres fils rouges, celui de l’âme et de la conscience. 

Charlotte L’Harmeroult.

Pour Charlotte L’Harmeroult le baiser est un vécu pléthorique qu’elle n’a de cesse de rechercher et de transfigurer dans son travail. Il cristallise les passions. Il est une réalité filante qui, une fois déposé, jouit d’une existence éthérée qui ne garde pour trace que l’emprunte qu’il laisse dans le coeur des êtres. Le travail de cette artiste se concentre à rendre l’invisibilité du baiser, visible.

Le contact avec la bouche se pratique pour des raisons sociales et sentimentales. Utiliser avec tact et respect des règles de l’amour et du vivre ensemble, le contact labiale est un geste qui dépose l’ordre. L’intensité avec laquelle Charlotte L’Harmeroult pratique le baiser, propage une déflagration sur le terrain des rites sociaux balisés liés au contact des lèvres et les fait éclater.

L’organe de la bouche lui permet d’accéder à une liberté émotionnelle qui vient s’incarner lors d’une performance ou bien à la surface d’une toile. L’artiste crée tantôt de l’amour tantôt de la transgression passionnelle. Ainsi, elle chemine vers une cristallisation des émotions, et une transmission des vérités communiquées à autrui.

Charlotte L’Harmeroult cherche les éléments éthérés de l’existence. Elle fait naître des oeuvres qui étendent la réalité poétique du monde contemporain et exorcisent le dangereux soliloque d’un monde urbain qui ne dialogue plus qu’avec lui-même et reste ainsi aveugle fasse à la richesse de ses existences invisibles et métaphysiques.

Aleksandra Olenka Smilek, commissaire d’exposition.