LES BAISERS QUI DÉBORDENT (...)

Acrylique, matière noire à lèvre et empreintes de baisers sur papier fine art. Série réalisée après le premier confinement. Septembre 2020. 

Bleu, rouge, jaune. Charlotte L’Harmeroult revient à la base des codes de l’apprentissage, aux formes et aux couleurs que l’enfant assimile à force de répétitions. Elle crée une sorte de signalétique de l’intime, des panneaux d’affichage aux codes secrets. 

Les baisers de l’artiste sont déposés à l’aide d’un pochoir, cernés entre l’intérieur et l’extérieur d’un cadre. L’accumulation de traces de baisers noirs encre la page blanche tels des barreaux de prisons, faisant écho au quotidien du premier confinement 2020. 

Seul, en couple ou en famille, l’individu se trouve face à ses restrictions physiques et mentales, fort de constater sa réalité primaire. L’incapacité de se déplacer librement ou plutôt l’obligation de rester enfermé contraint l’être à redéfinir l’essentiel. 

(...) DANS LA VIE DU QUOTIDIEN.

Linogravure sur tissus cousu, fils et encre noire à sérigraphie.

Série réalisée pendant le deuxième confinement en Résidence à Bordeaux au Laboratoire BX en Novembre / Décembre 2020.

Deuxième confinement. En tête, l’objet le plus saisissant du quotidien est définitivement l’oreiller. « Rêver » devient le meilleur exutoire, la seule façon de voyager et d’imaginer un avenir possible. Charlotte L’Harmeroult réalise alors des taies d’oreillers de tailles et de formes standards, puis hybrides qui reprennent les couleurs et lignes de sa précédente série Les baisers qui débordent (…) L’oreiller devient le prolongement du doute et de l’espoir ou l’espace temps se déforme. Entre fermeture et ouverture avec d’un côté des lignes aux baisers prisonniers, et de l’autre, un baiser libre. L’art entre dans la vie du quotidien. Il devient objet et s’impose comme indispensable.

Avec les coussins aux formes hybrides, les lignes droites réalisées en couture sont moles. Il est possible de jouer avec elles, de se laisser embrasser, envelopper par elles. Le coussin devient objet à penser, tantôt accroché au mur, sacralisé, ou déposé sur le canapé, prêt à vous câliner, vous délivrer. Alors, Les baisers débordent dans la vie du quotidien.

D’autres images sont à venir…